UN AMÉRICAIN À PARIS : c'est LA comédie musicale événement à Paris et à New York ! BIENTÔT SUR SCÈNE

Noélie Viallet Archives Leave a Comment

Oyez oyez braves gens ! C’est la nouvelle qui réjouit les chaumières : la comédie musicale Un Américain à Paris débarque au Théâtre du Châtelet samedi prochain 22 novembre. Vous avez vu les affiches dans le métro. Paris New York tv vous explique tout.

C’est l’événement de la saison à Paris et à New York ! La  comédie musicale scénique Un Américain à Paris. Produite par le théâtre du Châtelet et Broadway -fait ultra-rarissime- elle réunit chanteurs et danseurs de talent autour de mélodies américaines des années 20, dans une mise en scène totalement réinventée, jouée cette année d’abord à Paris dès novembre, puis à New York à partir du mois de mars. Mais qu’est-ce que c’est exactement Un Américain à Paris ?

Tout a commencé quand en 1923, le célèbre compositeur américain George Gershwin, brooklynois pianiste d’orchestre à Broadway, se rend à Paris. La France est alors extrêmement populaire auprès des Américains, qui vivent en pleine Prohibitionà New York, l’alcool est interdit, à Paris, la fête est plus folle. Le musicien américain Cole Porter a élu domicile dans la capitale française, il reçoit chez lui le tout New York ainsi que Picasso, Mistinguett… et Gershwin ! Celui-ci vient prendre des cours de composition, et se fait happer par le bruit des klaxons sur l’Avenue de la Grande Armée. Une obsession, qu’il intégrera dans sa composition musicale. Notre homme effectue un second séjour en France en 1928 et la même année, achève un concerto pour orchestre : Un Américain à Paris, véritable hommage à la Ville Lumière mixant sonorités urbaines (les klaxons), inspirations debussyennes et influences de la Harlem Renaissance (musique et culture noire des années 1917-1930 à New York). C’est le 13 décembre 1928 que les New-Yorkais découvrent cette composition au famous Carnegie Hall en plein centre de Manhattan (salle dans laquelle vous pouvez toujours assister à des concerts, juste en-dessous de Central Park). Grâce à Gerhswin, en plein coeur de Manhattan, les New-Yorkais vibrent au rythme de Paris. Moins de 10 ans plus tard, en 1937, Gershwin décède prématurément à Hollywood, laissant derrière lui quantité de chansons de ses comédies musicales, pièces symphoniques et morceaux de jazz. Il n’avait pas atteint ses 40 ans.

C’est dans les années 50 aux États-Unis qu’a lieu la deuxième étape de l’histoire d’Un Américain à ParisUn producteur d’Hollywood, Arthur Freed, trouve ce titre bien sympathique « Un Américain à Paris ». « Hum, cela ferait un bon titre de film« , se dit-il, sans savoir encore quoi y mettre. Il contacte alors Israël, le frère de George Gershwin, connu sous le nom de « Ira » afin de lui demander le droit d’utiliser cette suite de quatre mots. Celui-ci donne son accord, à condition que les musiques du film soient celles de son défunt brother. Le scénario ? Quatre ans après la guerre, un GI (soldat américain) teste les joies de la vie de bohème parisienne où il côtoie artistes et musiciens de Montmartre. Réalisé par Vincente Minnelli, le film sort en 1951 au beau milieu de dizaines d’autres à Hollywood. Tourné entièrement dans 42 décors en studio à part deux prises de vues (le chef décorateur, Preston Ames, a vécu à Paris et reproduit dans le film les charmes de sa chambre de bonne si typiquement parisienne), il propulse sur les écrans une jeune actrice française, Leslie Caron, qui fera carrière aux USA. Miracle, Un Américain à Paris rafle 6 oscars dont l’oscar du meilleur film. Le ballet final de 17 minutes, un ballet rêvé dans les rues de Paname chorégraphié par Gene Kelly, marquera les esprits. Avant que le film ne soit éclipsé par Chantons sous la pluie, l’année d’après…


La troisième étape d’Un Américain à Paris a lieu cette année conjointement à Paris et à New York. 
Depuis longtemps, le directeur du théâtre du Châtelet, Jean-Luc Choplin souhaitait monter sur scène Un Américain à Paris (souvent, c’est l’inverse, ce sont les comédies musicales qui deviennent des films). Les héritiers de Gershwin le mettent en contact avec deux producteurs de Broadway partageant la même envie.  Le début d’une aventure artistique et historique, véritable coopération entre les théâtres parisiens et new-yorkais ! Avec un nouveau livret (scénario), ce spectacle spécialement créé pour l’occasion avec des chorégraphies du danseur anglais Christopher Wheeldon intègre de nouvelles chansons de Gershwin et des voix féminines – ce qui n’était pas le cas dans le film. L’équipe, des danseurs à l’éclairagiste est « la crème de la crème » (selon le spécialiste Patrick Niedo, voir l’interview ci-dessous) des professionnels de Broadway. L’événement est très attendu ici et outre-Atlantique. En ce moment même les danseurs tous droits débarqués de New York sont en train de répéter dans les salles du théâtre du Châtelet. New York est à Paris et il y a de la joie dans l’air. Paris New York TV est invité à la répétition générale et vous donnera des nouvelles. Si vous voulez réserver votre place, c’est maintenant, elles sont en train de s’envoler comme des notes sur une portée. ♫ ♪ Let’s have a good evening in Le Théâtre du Châtelet

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L’affiche d’Un Américain à Paris pour les New-Yorkais, un peu plus romantique que l’affiche française.
« So Parisian ! », pensent les New-Yorkais.

 POUR EN SAVOIR PLUS : Cliquez-ici et découvrez l’univers d’Un Américain à Paris
Un Américain à Paris, coproduction Paris/New York, mise en scène et chorégraphies de Christopher Wheeldon.
► À PARIS au Théâtre du Châtelet à Paris du 22 novembre au 4 janvier (previews du 22 nov.au 9 déc. représentations à partir du 10 déc.). M° Châtelet. Spectacle en Anglais surtitré. De 20 à 80 € suivant les places.
Comment réserver ? cliquez-ici.
À NEW YORK au Palace Theatre à partir du 13 mars 2015. 1564 Broadway M° 47-50th street, Rockfeller Center.
Comment réserver ? cliquez-ici.
► Vous ne pouvez pas y aller ? Diffusion en direct sur France Culture le samedi 20 décembre à 20h.  


L’entrée du Théâtre du Châtelet, place du Châtelet à Paris © PNY TV

BONUS ! Paris New York TV a rencontré au théâtre du Châtelet Patrick Niedo, le spécialiste en France des comédies musicales américaines, et auteur d’ Histoires de comédies musicales. Nous lui avons demandé de nous expliquer en quoi Un Américain à Paris est l’événement exceptionnel de l’année 2014/2015.


Pourquoi « Un Américain à Paris », que l’on va voir à Paris et à New York, est-il un travail différent de ce qui se joue actuellement sur les scènes de Broadway, à New York ?

An American In Paris est différent parce qu’il fait penser aux grandes comédies musicales de l’âge d’or de Broadway (1943-1964) où la chorégraphie avait une importance assez capitale. Les pionniers furent George Balanchine et Agnes de Mille, puis, bien entendu, Jerome Robbins qui, avec On the Town, fit un musical empli de danse. On the Town est d’ailleurs tiré d’un ballet de Jerome Robbins (Fancy Free) et est actuellement de retour à Broadway avec une chorégraphie de Joshua Bergasse. De nos jours à Broadway on privilégie les décors (Wicked), les costumes (Kinky Boots, Aladdin…) et l’histoire (If/Then, Once…) et moins la chorégraphie. Il n’y a d’ailleurs plus d’immenses chorégraphes respectés et adulés comme Jerome Robbins, Bob Fosse, Michael Bennett… et c’est assez triste à constater. An American in Paris renoue avec une tradition chorégraphique et aussi une tradition des metteurs en scène/chorégraphes.

Vous voyagez souvent à New York. Quel rapport les New-Yorkais d’aujourd’hui entretiennent-ils à la comédie musicale ?

Broadway, de nos jours, doit parler aux touristes. Touristes américains venant d’Etats conservateurs et moins ouverts à la nouveauté ou à des thèmes jugés scabreux (comme l’adultère dans The Bridges of Madison County qui n’a pas marché malgré une musique somptueuse de Jason Robert Brown) ou à des touristes étrangers qui peuvent ne pas bien parler l’anglais. Les assidus de comédies musicales suivent tous les projets, la population générale ne suit que les grands succès critiques ou publics, ou les vedettes qui intègrent certains spectacles comme Neil Patrick Harris, Michael C. Hall et certaines stars de la comédie musicale américaine comme Patti LuPone, Bernadette Peters et maintenant Sutton Foster ou Kelli O’Hara.

En quoi  Cette co/production Paris-New York est-elle exceptionnelle et historique ?

C’est un événement parce qu’une première mondiale d’une comédie musicale pour Broadway se fait rarement à l’étranger. C’est arrivé à Toronto (Canada) par exemple mais rarement ailleurs. Paris est une ville prestige pour beaucoup de gens (y compris la troupe d’Un Américain à Paris!). Faire la première mondiale d’Un Américain à Paris, à Paris, c’est comme avoir l’idée d’Arthur Freed de monter ce musical en 1949 rien que sur le titre ! C’est une idée de génie ! Qui pourrait avoir meilleure idée que de créer ce spectacle dans la ville qui est dans le titre ?


Propos recueillis par Noélie Viallet
Patrick Niedo sur la terrasse du théâtre du Châtelet © photo N.Viallet PNY TV 

 

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