La Caravane Passe : Le Tour du Monde en burgers

Antoine Lebrun Archives Leave a Comment

A peine arrivé, déjà adopté. La rue Damrémont (18e arrondissement) baigne dans la mixité caractéristique des quartiers populaires de Paris. On y trouve de tout, même ce à quoi on ne s’attend pas. Et on ne s’attend vraiment pas à tomber sur ce petit bar à burgers aussi cosy que racé. La Caravane Passe détone et rassemble. Entre burgers du monde et ambiance résolument US, l’adresse a su imposer son style dans un secteur alimentaire avide d’audace. Au royaume des burgers, La Caravane Passe est l’une des reines.

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L’Amérique dans les yeux et les oreilles

A peine la porte poussée, l’univers saute aux yeux : briques rouges, bar et chaises hautes, pop stars US accrochées aux murs, son alternant entre blues et rn’b et morceaux d’Air stream originale (mais si vous savez, cette légendaire marque de caravane US). La salle se veut intimiste (22 couverts), rendant l’ambiance d’autant plus enivrante.
A La Caravane Passe, vous mangez sous les regards bienveillants de Jimi Hendrix, Michael Jackson, Mohamed Ali et même Yoda. Ces tableaux, ils sortent des pinceaux du talentueux Meteor Painter, artiste de rue parisien également kinésithérapeute dans le voisinage. Au détour d’une de ces œuvres, un vaste champ lumineux en fond de salle. Une petite porte dissimule à peine une charmante petite terrasse qui ravira les clients avec l’arrivée des beaux jours. « Elle n’est pas faite pour ça, mais on s’entend très bien avec la propriétaire donc on pourra peut-être la proposer aux habitués », tempère Cyril, l’un des deux gérants.
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A l’origine, l’établissement était un bar très classique et un peu négligé. Lors de la visite, Cyril et Nicolas, associés dans l’affaire, ne sont pas emballés mais s’attardent sur un mur de briques rouges. « C’est vraiment ce mur qui nous a séduit. Lorsqu’on a commencé les travaux (qu’ils ont fait seuls, ndlr.) on a tout cassé et trouvé la même pierre derrière tous les murs, précise Cyril. On a alors tout de suite su quoi faire ». Les deux acolytes ont, par la même occasion, conservé la licence 4 de l’ancien établissement, s’offrant ainsi le luxe de se muer en bar pour soirées endiablées et projections privées, un immense rétroprojecteur étant prévu à cet effet face à la salle.
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Les murs qui ont séduit Cyril et Nicolas dévoilent également d’authentiques morceaux de food truck américain. Une subtilité qui rajoute du charme et du cachet à un décor déjà bien garni. « On est clairement inspirés par la street food, avance Cyril. A la base, nous voulions investir dans un food truck mais il était compliqué d’obtenir les autorisations de la Mairie de Paris et tous les meilleurs emplacements étaient déjà pris. Donc on a opté pour un food truck sans roues et avec des murs autour !»
Entrés depuis quelques minutes, nous savons que nous allons nous éterniser dans ce melting-pot culinaire. Sans trop savoir pourquoi ni comment, la Caravane Passe et vous embarque avec elle.

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Un burger à la sauce monde

Une fois la carte en main, la découverte se poursuit. Chaque continent présente un burger bien de chez lui : le combo crevettes flambées caramélisées au gingembre/croquant de légumes thaï pour le Thaï Burger, pastrami, oignons rouges et pickles pour l’American Burger… Mais c’est le mélange poêlée de champignons/morbier du French Burger qui rend notre estomac encore plus bruyant qu’il ne l’était déjà. Nous craquons.
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15 petites minutes suffisent pour nous servir notre victime sur un plateau. Un steak épais et cuit à la perfection, des frites maison divines, une petite salade justement assaisonnée et un ramequin de mayonnaise finement aillée. Le cocktail ravit nos papilles mais le drame auquel on ne pensait plus se produit : nous sommes rassasiés. Bien malgré lui, notre journaliste Antoine laisse quelques frites dans l’assiette. « Ah oui c’est costaud, sourit Cyril en  débarrassant. Un client nous a dit un jour qu’on devait apporter un hamac avec les plats pour la sieste digestive ». Dommage, le cheesecake du voisin avait l’air fameux… « Je le prends toujours. Pourquoi ? Parce qu’il est infect, comme tout ce qu’on propose ici », me nargue Vidal, qui fut parmi les trois premiers clients du bar à burgers.
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Voyage, cuisine et rencontres

A 33 ans, Cyril a deux amours : le voyage et la cuisine. Autant dire que le blond barbu a réussi son coup. Dans ce restaurant ouvert en septembre 2015, les deux aspects de sa personnalité sont omniprésents et partagés par son associé Nicolas. « Pour nous, la nourriture a toujours été un vecteur de socialisation, explique Cyril en envoyant un son de James Brown pour réveiller une assemblée qui semble piquer du nez une fois le ventre plein. On a tout les deux grandi dans des quartiers populaires. On pouvait manger un couscous le lundi, un rôti le mardi et des falafels le mercredi. On est habitués à cette mixité depuis toujours et c’est ce qu’on a voulu recréer ici ».
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Du haut de ses 25 printemps, Nicolas gère les fourneaux d’une main de maître. S’il est tout jeune, le garçon affiche un CV flatteur : du restaurant de l’hôtel Westminster (rue de la Paix) à Fauchon en passant par l’émission C à Vous sur France 5 (présentée à l’époque par Alessandra Sublet), le cuisinier s’appuie sur des produits frais du terroir et ne se fixe aucune contrainte. « L’aspect caravane et nomade que nous avons développé nous va très bien, explique fièrement le brun souriant. Ça nous permet de rester « libres » de faire ce qu’on veut. C’est pour rester dans la création qu’on ne s’est pas appelés « Burger quelque chose ». Ce qu’on veut c’est surprendre les clients en proposant des recettes inédites. »
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Et la mission est une nouvelle fois un succès. Les burgers sortent de l’ordinaire et, chaque mois, un mélange secret (ne figurant donc pas sur la carte) est imaginé. « Pour les fêtes de fin d’année, on a fait un burger avec une bonne tranche de foie gras poêlé sur le steak. On se fait plaisir et on fait plaisir aux clients, c’est gagnant-gagnant ». Un avis que partage Vidal, l’un des fameux mangeurs historiques du bar à burgers : « On est des gourmands gourmets donc forcément ça nous a plu tout de suite. Les burgers sont recherchés, les goûts exotiques et le tout sans être gras. J’ai même conseillé l’adresse aux amies de ma femme qui font attention à leur ligne. Et surtout l’ambiance est super sympa ici, on peut parler aux gens de la table d’à-côté sans les vexer ». Quand la Caravane Passe, les barrières trépassent.
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►Vous en avez l’eau à la bouche ? N’attendez plus et foncez à La Caravane Passe
100 Rue Damremont 75018 Paris (M° Guy Môquet). Entre 13,90 € et 15,90 € le burger à la carte. Formule midi 13,90 €. Ouv. mardi-samedi 12h-14h30 19h-23h30. Rejoignez aussi l’aventure sur Facebook !
© photos Antoine Lebrun / La Caravane Passe

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