CENTRE POMPIDOU : de New York à Paris découvrez l'architecture en mouvement de Frank Gehry

Juliette Ihler-Meyer Archives Leave a Comment

De verre et de céramique blanche, les façades ondulantes de lIAC Building se découpent dans la skyline new-yorkaise depuis 2007 et paraissent se gonfler sous l’effet du vent. Nous sommes sur la 18th street, quartier Chelsea. Un peu plus loin, au 8  Spruce Street, ce sont les courbes d’aluminium et les reflets argentés des soixante-seize étages de la Beekman Tower, achevée en 2011, qui accrochent le regard. Derrière ces constructions oniriques et biomorphiques au coeur de New York, se cache une figure majeure de l’architecture contemporaine, le célèbre Frank Gehry, 85 ans. Du 8 octobre du 26 janvier le Centre Pompidou présente une rétrospective permettant une lecture globale du travail de cet architecte américano-canadien, à Manhattan, et dans le reste du monde. Rendez-vous au premier étage du musée, et tournez à droite, pour découvrir la beauté de son travail…

Frank Gehry photo Philippe Migeat Centre Pompidou 

Des années 1960 à nos jours, quelques 225 dessins, 67 maquettes et documents audiovisuels permettent de suivre l’évolution de son langage artistique et d’apprécier les métamorphoses d’une architecture spectaculaire et éminemment sculpturale. De l’extension de sa propre maison à Santa Monica sur les collines de Los Angeles, à la Cleveland Clinic en passant par la Fondation Louis Vuitton inaugurée ce mois-ci à Paris, ses créations emblématiques ont révolutionné l’esthétique de l’architecture. À rebours du modernisme architectural où la forme, lisible et transparente, était l’expression d’une fonction, Frank Gehry fait dans les jeux de sculptures, de lignes et de légèretéAinsi par exemple du Musée Guggenheim de Bilbao dont les formes et les textures – titane et acier – s’inspirent de celles d’un bateau et évoquent le passé industriel de la ville. Sybille Bellamy-Brown, chargée de cours à l’Ecole du Louvre et conférencière d’histoire de l’art à la tête de la société Araxès, explique à Paris New York TV  : « Gehry dérange une partie de la critique, par ses œuvres que certains assimilent à des sculptures : assemblage de feuilles plissées, forme de poisson à Barcelone et en Asie. Dans ces dernières oeuvres, reste-t-il un architecte ? » Ici, croissances organiques anarchiques, maladresses calculées, formes étranges et irrégulières. Là labyrinthes et vertiges spatiaux, torsions, spirales et courbes baroques. La spécialiste en histoire de l’architecture y reconnaît son talent spécifique : « La vraie différence de Gehry, c’est qu’il génère de nouvelles formes très souples et s’intéresse aux propriétés et au toucher des matériaux (bois, verre, acier, titane etc…) Il crée ainsi des architectures d’une incroyable sensibilité et légèreté...».
Si dans un premier temps Gehry se tournait vers la fragmentation et la décomposition des volumes, l’architecte cherche par la suite des solutions de continuité et de fluidité spatiales, mais aussi à « figer le mouvement dans l’architecture » dans une démarche d’urbaniste qui pose la question de l’éternel mouvement de nos grandes agglomérations comme Paris, ou New YorkLa notion de façade disparaît tandis que des espaces interstitiels complexes se forment. Si Frank Gehry interroge les moyens d’expression de l’architecture, son langage passe par un renouvellement des matériaux utilisés dans la construction de ses édifices (carton, tôle et grillages industriels par exemple), des techniques d’élaboration (le logiciel Catia, qu’il a été un des premiers à utiliser, proche des logiciels de l’aérospatiale, qui permet de formaliser des formes architecturales nouvelles et complexes) comme par une démarche expérimentale sur l’inscription de l’architecture dans un territoire à intégrer ou à dynamiser. Quand d’autres sont passés aux logiciels 3D, lui garde tout de même la tradition architecturale de la maquette. Pour un même projet, l’Américain est capable d’en réaliser une vingtaine ! Cette exposition aux multiples perspectives pour une architecture en mouvement vaut définitivement le détour.

Frank Gehry au Centre Pompidou, du 8 octobre 2014 au 26 janvier 2015. Place Georges Pompidou, 4e. M°Rambuteau. Ouv. de 11h00 à 21h00. Prix d’entrée : 13€. Tarif Réduit : 10€. Forfait donnant accès à toutes les expositions temporaires et aux collections permanentes du musée






INFO + : Visitez deux architectures de Frank Gehry à Paris !
► La Cinémathèque, ancien American Center au Parc de Bercy, c’est lui.  M° Bercy
 La Fondation Louis Vuitton, inaugurée cette semaine comme un nuage au-dessus du Bois de Boulogne. Il se souvient de Marcel Proust. M° Porte Maillot, Les Sablons.

Crédits photos : Walt Disney Concert Hall, 1989-2003 Los Angeles, Californie © Gehry Partners, LLP –  8 Spruce Street, 2003-2011 (réalisé) Manhattan, New York © Gehry Partners, LLP –  Vitra International Furniture Manufacturing  Facility and Design Museum, 1987-1989 (réalisé) Weil-am-Rheim, Allemagne Photo : Thomas Mayer – Cleveland Clinic Lou Ruvo Center for  Brain Health, 2005-2010 (réalisé) Las Vegas, Nevada (détail) Photo : Iwan Bann – Frederick R. Weisman Art and Teaching Museum, 1990-1993, 2000-2011 (réalisé) Minneapolis, Minnesota Photo : Don F.Wong – DZ Bank Building, 1995-2001 (réalisé) Berlin, Allemagne Photo : Roland Halbe – Jay Pritzker Pavilion, 1999-2004 (réalisé) Chicago, Illinois © Gehry Partners, LLP

 

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