« 10 minutes in America » : le documentaire sur Gad Elmaleh à New York qui passe ce soir sur Canal + – RENCONTRE AVEC LA PRODUCTRICE

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Ce soir, Canal + diffusera un documentaire de Gad Elmaleh, « 10 min in America ». L’interprète de Chouchou y décrypte l’univers du stand-up américain. Connu et reconnu en France, il s’est en effet lancé le défi de conquérir les salles new-yorkaises et américaines avec des textes… en anglais ! Suivant les pas de son idole Jerry Seinfeld, Gad Elmaleh retourne aux sources du stand-up aux États-Unis : un micro, des spectateurs, une scène sans artifice. Pendant 10 minutes, l’humoriste français tentera même de séduire un public anglophone. Si en France son sucès est indéniable, arrivera-t-il à séduire le public d’Outre-Atlantique ? Rencontre dans un café de Manhattan avec Carole Jarrin (Paradoxal INC), productrice du documentaire.

Par Nadia Becir, à New York 

Paris New York TV : Comment avez-vous eu l’idée de ce documentaire ?

Carole Jarrin : Gad Elmaleh voulait absolument décortiquer le « stand-up ». Il a toujours été fasciné par des artistes comme Woody Allen, Sarah Silverman ou Jerry Seinfeld, son idole. On les rencontre d’ailleurs dans ce documentaire. Ils ont accepté de nous rencontrer grâce à Gad. Ce sont vraiment ses amis. L’idée pour Gad était de venir au pays du stand-up et réussir à faire rire dans une langue étrangère. Même si son anglais était déjà très bon, il a énormément travaillé là-dessus. Je ne vais pas vous dire s’il a réussi son pari de tenir 10 minutes sur une scène américaine, il faut voir le documentaire pour avoir la réponse !

Quelle était l’ambiance lors du tournage aux USA ?
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Je sais que cela va faire cliché mais l’ambiance était géniale. Gad nous a mis en confiance. Il nous a rapidement inclus dans sa vie quotidienne. J’avais déjà travaillé avec lui auparavant. Dans mes souvenirs, il n’avait pas la grosse tête. Au contraire, il était assez simple et ouvert. Mais c’est vrai qu’à chaque début de tournage, il y a cette appréhension de rencontrer « la star ». En l’occurrence, Gad a balayé ces a priori dès le premier jour. Pendant les 6 semaines de tournage, nous avons tout partagé avec lui. On était une toute petite équipe, ce qui a grandement facilité le travail. On voulait faire un documentaire sincère, sans script et c’est ce que nous avons réussi à faire.

Comment avez-vous réagi en voyant le résultat final ?
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J’ai été surprise ! Dans le premier montage, nous avons essayé de mettre le maximum d’images mais cela donnait un aperçu trop scripté à un documentaire qui ne l’était pas. Gad a mis beaucoup de temps et d’énergie dans ce film. Ce n’est pas quelque chose qu’il a fait en quelques semaines.  On a énormément tourné. Le montage était long, et au final cela a pris près d’un an. Après le tournage aux États-Unis et en France, Gad est parti en tournée avec un monteur. Chaque jour, dès qu’il avait un peu de temps libre, il travaillait sur son documentaire. A eux deux, ils ont écrémé le plus possible pour avoir le résultat sincère que l’humoriste souhaitait depuis le début.

Woody Allen, Jerry Seinfeld, Louis C.K, comment avez-vous réussi à les convaincre d’apparaître dans le documentaire ?

C’est grâce à Gad, et seulement grâce à lui. Il n’a jamais caché son admiration pour Jerry Seinfeld et avait déjà eu la chance de le rencontrer. Pareil pour Woody Allen, et Louis C.K. Quand Gad leur a annoncé son envie de faire ce documentaire, ils ont quasiment instantanément répondu  « oui ». Malgré leurs emplois du temps bien chargés, on a pu les interviewer pendant un sacré bout de temps. Ce sont de grands professionnels qui ont aidé à décrypter le stand-up. La façon dont Gad tient une scène pendant presque 2 heures, en chantant, jouant de la guitare et bien sûr en faisant des blagues avait d’abord choqué les américains, dont Woody Allen. Ils ne comprenaient pas comment on pouvait faire cela durant un spectacle. Ici, aux États-Unis, quand on parle de stand-up, on parle d’un seul individu sur scène devant le public. Pas d’accessoire autre que le micro.

Après l’enquête, place à l’action. Dans quel état était Gad avant de monter sur scène à New York puis Los Angeles ?
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Nerveux, très nerveux. Il ne voulait pas changer son style d’humour pour plaire aux gens. Il a fallu qu’il s’adapte. Certaines blagues, hilarantes en France, ne passaient pas ici. Mais il aimait ça. Être dans un pays étranger où personne ne savait vraiment qui il est. Repartir de zéro, se mettre en danger. Il a fallu qu’il travaille le rythme de son spectacle. Évidement, il n’a pas réussi à tenir 10 min dès sa première apparition sur les scènes américaines. Gad est quelqu’un d’assez intelligent pour savoir qu’il vaut mieux tenir 5 bonnes minutes sur scène plutôt que 10 minutes assez moyennes. Durant le documentaire, on voit sa progression. Canal +, le diffuseur, nous a laissé carte blanche sur ce projet. J’ai hâte de pouvoir produire de nouveau documentaire comme celui-ci. Tout s’est très bien passé, j’en garde un excellent souvenir !

 10 minutes in America, lundi 3 novembre à 22h20 sur Canal + 



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